Une fois n’est pas coutume, la fin de la semaine arrive et la météo est annoncée orageuse sur la chaîne des Pyrénées ! Mais voilà en regardant les prévisions de plus près, le soleil est plus généreux dans ….l’Aude ! Que faire ? Ah ça y est ! Mais oui ! Bien sûr ! L’Aude et son Pech de Bugarach isolé au cœur des contreforts calcaires des Corbières ! En 2018 nous avions emprunté la voie dite de « La Fenêtre ». Pour notre seconde visite sur ce Pech, c’est par l’arête Sud-Est que nous irons à sa rencontre. Une arête très ludique aux difficultés modérées nous dit le topo.
Par ce beau samedi de printemps, nous partons Valérie, Martine, Michel, Marc et moi. Direction Rennes les Bains où Marc a loué un mobil-home pour la soirée au camping La Bernède. Nous nous installons et partons à pied pour une petite balade à la découverte de curieuses roches. La première est très facile à trouver : c’est le fauteuil du Diable.

La seconde un peu plus loin, demande quelques recherches dans le bois : c’est la Roche Tremblante qui malgré les efforts de Marc ne bouge pas d’un brin !

Nous poursuivons à travers bois et prairies où l’imposant Bugarach règne sans partage.
Un petit tour à la source d’eau chaude du joli village de Rennes les Bains et nous sommes prêts pour un apéritif dînatoire : omelettes aux morilles, cake au chorizo et aux olives, et clafoutis aux cerises le tout bien arrosé évidemment !

Le lendemain, le départ est donné au col du Linas (667m) au dessus du village de Bugarach. Depuis notre camping nous avons 20 minutes de trajet en voiture pour admirer les belles vues sur les falaises verticales du Bugarach et évoquer les nombreuses croyances autour de lui. On l’appelle « La montagne sacrée ». On dit qu’émane de lui une énergie singulière, puissante et harmonisante. Il serait l’un des chakras de la « terre mère », dont le « taux vibratoire » s’élèverait chaque année davantage. On dit encore qu’il abriterait une base souterraine pour les ovnis, ou encore qu’il serait un pôle magnétique qui rendrait la navigation aérienne dangereuse à l’aplomb du massif. On dit aussi que les templiers envoyés en Terre Sainte lors des croisades ont peut être retrouvé puis ramené ici l’objet du culte israélite, la célèbre Arche d’Alliance. Et pour finir les théories fondées sur une interprétation du calendrier maya, faisaient du pic, un des endroits sur le globe où se réfugier pour échapper à la prétendue fin du monde du 21 décembre 2012 !
Mais voici le parking qui est déjà bien garni quand nous arrivons à 8h00. Pourtant nous sommes seuls à prendre la direction du col des Péchines. Il faut dire que le parcours par l’arête Sud-Est est le plus escarpé pour rejoindre le sommet et que son tracé ne figure pas sur les panneaux touristiques placés sur le parking. Le chemin est quasi horizontal, il traverse des prairies où nous admirons le versant Est du Bugarach qui émerge telle une citadelle hérissée de pointes rocheuses, d’arêtes acérées et de brèches taillées dans la muraille.

Un petit morceau de route puis nous nous engageons sur le GR Cathare qui nous élève rudement à travers bois et buis au dessus du col de Péchines 910m. La vue s’ouvre alors sur les Pyrénées Orientales avec le majestueux pic du Canigou et le massif du Madres.

De là, nous avons une vue sur l’arête sud-est. Elle mesure 500 m de long pour 135 m de dénivelé, lequel est concentré sur le final du parcours, très raide. Juste le temps de se restaurer un peu avec le gingembre confit de Michel, et nous partons plein Ouest. Nous marchons sur la crête avec le sommet en point de mire.

Le parcours est débonnaire pendant un grand moment, nous permettant de savourer le paysage sur les vallées audoises et les moutonnements de collines coiffées de châteaux cathares que nous surplombons. Le dos dentelé de l’arête s’habille parfois de quelques forêts, hêtres ou buis où joue la lumière.
La majeure partie de la crête ne présente aucune difficulté technique, jusqu’à parvenir au point clef, le bastion final, au dessus de 1100 mètres, avec une succession de passages raides. Nous entrons dans la partie la plus minérale du parcours. Nous attaquons la falaise par une vire étroite équipée d’un câble puis Marc trouve le premier couloir équipé d’une corde fixe. Nous nous servons plutôt des nombreuses racines et des bonnes prises dans la roche. De nombreux goujons évoquent des descentes assurées par temps de neige ou de gel, voire de pluie. Du flanc du mur, la vue est belle sur le vide et les sommets enneigés.

L’itinéraire insolite et ludique, profite des cheminées et vires tout en se jouant des escarpements des murailles pour nous conduire au sommet. Nous nous enfonçons dans la seconde cheminée étroite et verticale, équipée d’une corde. Le final demande quelques pas d’escalade facile.

Les rochers autour de nous ont parfois des formes curieuses ! C’est sûrement cette proue minérale échevelée de clochetons rocheux qui évoquent les êtres surnaturels qui est à l’origine du surnom la « Montagne aux sorcières »

Capucin ou phallus, à chacun sa perception !
Pour rester au plus proche de l’arête, nous allons gravir un dernier mur pour sortir au dessus de l’itinéraire venant de la voie « de la Fenêtre »
Ce passage par temps sec et à la montée, ne représente pas de réels obstacles.
Le plus dur est fait ! Nous remontons le sentier. La cime convoitée est enfin toute proche.

Nous parvenons sur le toit des Corbières un peu avant midi.
Les nombreuses légendes lui prêtent quelques pouvoirs mystiques, mais la seule vérité se trouve à sa cime : un panorama incomparable sur pas moins de 3 départements ! Du haut des 1230 mètres, le panorama est sans nul doute, l’un des plus beaux que l’on puisse trouver dans ce coin de Pyrénées. On se régale des vues que l’on a vers le Capcir avec le Madres, les pics Pérics qui pointent leurs cimes. Côté Ariégeois c’est un festival, avec le Roc Blanc, la Camisette, le Baxouillade, le pic de Balbonne, le Tarbésou, le pour finir le Soularac, point culminant du massif de Tabe. Sans oublier le Canigou !

Le sommet sans vent est bien accueillant et les très nombreux randonneurs du jour se sont arrêtés là pour prendre leur repas. Nous allons nous aussi faire une pause casse-croûte tout en contemplant la crête de Pique Grosse devant nous.

Puis il faut bien entamer la descente sur le col du Linas.
Le regard plonge dans la vallée sur le petit village de Bugarach et son lac.
Nous passons au pied d’une belle muraille avant de descendre par de nombreux lacets à travers bois et buis pour rejoindre la voiture.
Ah ce Bugarach ! Il ne laisse personne indifférent ! Georges Véron ne s’était pas trompé en le rangeant dans ses 100 sommets des Pyrénées et édition après édition, des sommets sont sortis de ce classement mais le Bugarach par sa singularité a gardé sa place ! Un petit qui joue dans la cour des grands ! Merci Marc pour nous avoir fait découvrir le Seigneur incontesté des Hautes-Corbières par cette jolie voie escarpée et peu fréquentée.
Superbe compte rendu qui nous transporte dans ce coin si particulier des Pyrénées
Merci Mireille pour ton superbe récit qui nous permet de revivre les bons moments partagés
Merci pour ses superbes photos et se récit qui nous donne l’impression de participer a la sortie